Comme
COMME quoi ?
Comme est mon 1er court-métrage d'envergure professionnelle. Dans le cadre des mes études (2ème année en école d'audiovisuel à l'école AMTV) je devais réaliser un court métrage, de l'écriture à la réalisation en passant par le montage.
Le projet a débuté en Octobre 2007, lorsque notre professeur de scénario (Maha Lee Cassey) nous a demandé de réfléchir à une "idée" qui deviendrait plus tard notre scénario. Fan de films torturés scénaristiquement tel Mulholland Drive, 21 grammes, ou encore The Machinist je me suis penché sur une histoire à base d'illusions et/ou d'hallucinations. M'étant également orienté vers l'audiovisuel pour pouvoir exprimer mes ressentis (sans jamais donner de leçon) j'ai peu à peu approché le thème de la télévision et toutes ses significations. Naturellement j'ai donc voulu traiter de la vision que l'on peut avoir des choses en faisant notamment référence à l'allégorie de la caverne. Après moult corrections le scénario est terminé en Février 2008 (disons plutôt qu'il est devenu "potable").
Le Résumé du film :
Clément n'a que 3 ans lorsque sa mère, rongée par la dépression et les médicaments, tente de l'amener à l'école. Ne lui prêtant pas attention, elle monte dans sa voiture, démarre et oublie son enfant sur le trottoir. Clément rentre chez lui et se pose machinalement devant la télévision. Ce sera sa seule source d'éducation. Sa mère ne s'occupe plus de lui et continue son plongeon dans la déchéance.
A ses 15 ans le jeune homme doit subitement quitter le foyer et s'exposer au monde extérieur, qu'il ne connait qu'à peine. Réalité ou fiction, la frontière est parfois difficile à cerner.
Comme on peut le voir dans ce synopsis, mais mieux encore, dans le film, je n'ai pas voulu particulièrement remettre en question la télévision et je m'en suis plus servi comme d'une icône de la société d'aujourd'hui. Sorte de faux miroir de la réalité déjà bien remplie de faux semblants. Ce problème est, selon moi, pas forcément lié à la télévision, mais à toutes les formes de médias. Si on devait tirer une morale du film ce serait surement "Ayez un recul sur tout, ne vous fiez pas à une seule source, lisez, voyez, écoutez, partout, tout le temps et tout ce que vous pouvez".
COMMEnt réaliser ce projet ?
Après l'écriture du scénario, terminé aux environs de Février, il a bien évidemment fallu préparer le tournage :
- Ecriture du découpage technique (transformation du scénario en scènes>séquences>plans)
- Recherche des acteurs
- Repérages des décors
- Recherche d'une équipe
- Planning
Il me manquait maintenant le petit de 3 ans, et le barman (le petit de 10 ans étant le frère de ma compagne). Grâce à ma mère travaillant dans une crèche j'ai "facilement" pu trouver le petit, sachant tout de même qu'il a fallut s'accorder avec les parents pour ne pas trop le déranger (pas possible de lui demander d'aller au bout de lui même, etc ... ). Par relations j'ai pu avoir également le barman. Les autres rôles étant surtout de la figuration je ne m'inquiétais pas beaucoup.
Je pu donc me concentrer sur le repérage. En écrivant le scénario je ne m'étais, volontairement, posé aucune contrainte. Cependant le héros se retrouvait respectivement dans un appartement, dans la rue, un bar puis un magasin de télévision. A deux semaines du tournage je n'avais que l'appartement. Dans l'idéal j'espérais pouvoir tourner à la Fnac de Bordeaux. Mais bloqué par ma timidité je n'osais ni appeler ni m'y rendre pour demander.
Essuyant les remarques de mes proches j'ai finalement, sur les coups de 19h, sur un coup de tête, pris mon courage à deux mains, et je suis allé demander si c'était donc possible. J'ai reçu le numéro de la responsable en évènements dans la Fnac, qui après un appel a bien voulu organiser un rendez vous.
En attendant le tournage d'un de mes camarades de classe commençait et je ne pouvais donc pas rechercher le bar. Heureusement Pauline Pruvot, ma compagne, a gentiment bien voulu s'en charger et quelques jours plus tard elle me trouvait un bar acceptant aimablement mon tournage.
A 4 jours de la date prévu dans le magasin, rendez vous avec la Fnac. L'organisatrice d'évènement, surprise par l'échéance très proche, accepte quand même et m'ôte d'un lourd problème, même si elle doit quand même demander confirmation au directeur de la Fnac.
En parallèle je trouve mes derniers figurants, termine mon planning. Alban Suarez me dégote un éclairagiste et une maquilleuse.
L'équipe est prête, le découpage technique terminé, le planning aussi : le tournage du film peut enfin commencer.
Comme un tournage :
Avant de commencer le tournage j'avais quand même établi un planning en fonction des absences des acteurs (ayant des répétitions etc ...).
- Lundi : Préparation du tournage avec l'équipe (les acteurs étant absents). Mise en place des décors, des éclairages et de quelques dispositifs
- Mardi : Scènes dans l'appartement avec Benoit Gruel et Marine Pedeboscq
- Mercredi : Suite des scènes du mardi et la scène avec Lucas Pruvot
- Jeudi : Tournage à la fnac de 07h à 10h puis suite et fin des scènes en intérieur avec Benoit et Marine
- Vendredi : Scènes extérieurs et scènes dans le bar
- Samedi : rien
- Dimanche : Scènes avec Célestin Coste
Lundi
On se retrouve donc chez Alban Suarez ou se dérouleront 50% des scènes en intérieurs. Nicolas, Romain, Max, Ben, et Loic sont là et découvrent le découpage technique ainsi que le planning de la semaine. Après s'être présenté rapidement on commence à mettre en place le décor et tester quelques plans pour être rapide et productif le lendemain. Tout se passe bien dans cette journée et on rentre chez soit plutôt confiant sur le reste de la semaine.
Mardi
Le Mardi rendez vous à l'école pour tout le monde pour ensuite aller chez Alban Suarez . Un léger retard et c'est partit. Le tournage doit commencer vers 10h ça se passe plutôt bien, les plans s'enchaînent. Petit pause déjeuner (qui tarde un peu), ça trainasse un peu l'après midi mais globalement ça va.
Mercredi
Rendez vous à l'école toujours (à cause du covoiturage), Lucas est là, mais Benoit lui non, et il ne répond pas sur son portable ... Après deux heures d'attente et de doute il m'appelle : panne de réveil. Romain, et moi allons le chercher à l'école et le tournage peut enfin commencer. Lucas atteint d'une petite bronchite colle parfaitement au rôle :) Une fois le plan terminait avec lui, quelqu'un le ramène pendant qu'on enchaîne avec les scènes qu'il reste à faire avec Benoit et Marine. Un peu de retard persiste et je commence à stresser un peu. En fin de journée la dame de la Fnac m'appel pour me dire que c'est ok pour demain et que je peux amener le matériel dès maintenant.
En vitesse on démonte tout on se sépare et on va donc en urgence à la Fnac. En cours de route elle m'appelle pour me dire qu'elle ne peut plus attendre et que ça sera la sécurité qui s'occupera de moi. Arrivé là bas on est un peu obligé de se garer dans un parking à 500m de la Fnac et de se trainer les valises de matos jusqu'à là bas. Biensur, le matériel séparé en deux voitures n'arrivent pas en même temps et Nico avec les mandarines n'arrivent que 30 minutes plus tard. Autant dire que la sécurité n'est pas très enjoué de nous voir. Finalement on pose tout en vitesse là bas et on se donne rendez vous a 6h30 à la fnac le lendemain. (certain prévoit de faire une petite soirée chez Alban puisque la célèbre Lauriane Coulon est là pour la soirée :) je préfère aller me reposer pour le lendemain).
Jeudi
Rendez vous pour certain à 6h15 à la place des Capucins pour aller ensemble à la Fnac. Biensur Benoit à encore un peu de retard (c'est sa marque de fabrique) et les autres partent sans moi là bas. Benoit arrive enfin avec sa compagne Justine Lautrette (qui sera figurante quelques jours plus tard dans mon court métrage puis dans celui de Nico). On arrive finalement à la Fnac dans les temps, le temps qu'on nous ouvre et c'est partit : on a jusqu'à 10h pour tourner tout nos plans.
Ça va vite, très vite, parfois trop vite même. J'adapte mes plans en fonction du temps qu'il me reste. J'arrive quand même à faire l'un des "bons" plans du film : le travelling latéral d'accompagnement sur pied à roulette ! Tout le monde en est fier, mais pas le temps de s'en réjouir. On fait au plus vite, on passe 15 minutes à allumer toute les télévisions de la fnac (et on cherche parfois les boutons) et on fait les plans suivants. C'est bientôt l'ouverture de la Fnac et il me reste encore quelques plans importants que je ne peux pas zapper.
Finalement la Fnac ouvre, les clients entre et nous sommes toujours là (alors que devions déjà être partit). On continu quand même à faire nos plans, les gens sont intrigués par Benoit, habillé (pour le rôle) comme un pauvre, et l'air complètement ahuri par tout ce qui l'entoure. Du coup ça fonctionne encore mieux. Allez plus que deux plans et c'est bon. Pendant qu'on fait les 2 derniers plans Benoit, Nico, Romain, Max et moi, les autres commencent à ranger le matériel. Hop Hop Hop 2 ou 3 prises maximum pour nous et on finit ce qu'on a à faire.
On rejoint les autres qui sont retenus par la sécurité car ils auraient visiblement perdu quelque chose dans les rayons. Vraisemblablement c'est plus pour nous retenir qu'autre chose puisqu'on ne veut pas nous dire ce qui a été volé ni nous fouiller (alors que tout le monde était d'accord pour). Bref, après que Chuck Norris est bien analysé toutes les bandes de ses caméras de surveillance on peut enfin partir.
Il doit être 10h30, il reste un plan à faire devant la Fnac, nous sommes Jeudi 13 Mars et il y a du monde Rue Saint Catherine (plus grande rue commerçante d'Europe). Finalement on aura plus d'une dizaine de prise pour ce fameux plan (dont Nico est finalement assez fier).
Après ça on file chez moi manger en vitesse puis on part chez Alban Suarez pour terminer les plans où l'on voit Benoit et Marine. L'après midi est un peu longue vu la matinée qu'on a passé mais on termine ce qu'on avait à faire, notamment les pièces dans la chambre.
Vendredi
Vendredi ça a un peu été la journée galère. J'avais prévu de terminer toutes les scènes en extérieur ainsi que les scènes du bar.
Premier problème : trois acteurs se désistent au dernier moment me mettant dans l'embarra. Il faut vite trouver un remplaçant pour le rôle du Barman. Romain téléphone à un ami, 15 minutes plus tard le voilà prêt à jouer même s'il n'a jamais tourné de sa vie. Une fois que Benoît nous rejoint (encore une fois en retard :) ) on se rend dans le bar.
Première erreur de jeune réalisateur : ne jamais venir à l'improviste sur un lieu de tournage (même si les responsables du bar était prévenus). Les clients ont en effet étaient insupportables. Ils ne pouvaient pas s'empêcher de faire des commentaires pendant les prises, de faire les guignols face à la caméra, etc ... Après 20 minutes de tentative de tournage, je craque et je demande à ce qu'on remballe tout et qu'on sorte vite de là. On range tout, on sort, et je décide de finalement commencer les scènes d'extérieur qui me manque. Les responsables du bar me confirment qu'en début d'après midi il y aura moins de monde. Rendez vous est prit et nous voilà partis 3 rues plus loin pour les scènes d'extérieurs.
J'avoue que le bar m'avait totalement démoralisé, je pensais presque à supprimer la scène pourtant importante du bar. Mais les prises dehors me font oublier tout ça et on finit par reprendre du plaisir malgré la difficulté de certains plans. A cheval sur notre monture (une bicyclette un peu vieille) en plein milieu d'un cours assez fréquenté, les plans s'enchaînent assez vite. On arrête pour prendre un repas chez Romain. Après les succulentes pattes de Nico on part en direction du bar avec en ce qui me concerne une énorme appréhension.< br/> C'est un peu plus calme que le matin, des amis viennent jouer les figurants, et on enchaîne là aussi les prises. Mickael qui joue le rôle du barman a un peu de mal au début mais il finit par faire du très bon boulot. Sauf que le vrai barman lui visiblement on l'embête. Il chuchote sans arrêt des sarcasmes à l'oreille de Mika. Ça finit par énerver ce dernier, les responsables du bar viennent nous parler et s'en suite une dispute entre eux et le fameux barman (le vrai). Apparemment ce n'est pas la première fois qu'il est exécrable et il finit par être viré pour l'après midi. Un peu abasourdi par ce qu'on vient de provoquer, on se remet vite à tourner car notre barman (le faux) doit partir à 17h30. On finit dans les temps pour lui.
On hésite quelques minutes pour refaire un plan devant la Fnac, mais vu l'heure qu'il est, la lumière ne sera pas raccord et ça se verra beaucoup trop. La journée s'arrête donc là, avec la majeure partie des plans extérieurs à faire. Demain samedi c'est repos, rien de prévu, on se retrouve dimanche pour terminer les scènes avec Celestin, le petit de 2 ans et Marine.
Samedi
Repos bien mérité pour tout le monde. J'en profite pour vérifier qu'il ne me manque pas de plans, et prévoir une journée de plus pour faire les plans qu'ils nous manquaient vendredi. On convient tous de Dimanche après midi
Dimanche
La journée commence chez Alban où on met en place le matériel et le décor pour les scènes avec Celestin et Marine. L'equipe est en effectif réduit. En effet il manque Loic notre éclairagiste, Romain notre preneur de son (remplacé par Julien), Max notre assistant et Pauline la régisseuse. Le petit arrive vers 10h ce qui me laisse le temps de commencer quelques scènes avec Marine.
Celestin arrive enfin et commence alors le tournage. J'ai forcément du adapter mes plans mais ce petit bout de choux de 2 ans a été formidable. On a réussi à lui faire faire plusieurs prises d'un même plan (et allez expliquer ça à un petit), il regardait là où on lui disait de regarder, faisait ce qu'on lui demandait, bref il a été parfait. Mention spéciale pour la scène de la voiture qui a été faite en UNE SEULE PRISE ! Content de mes plans et le petit commençant à se fatiguer, j'en demande pas plus et on part tous manger chez moi. J'apprends au passage qu'on ne pourra pas continuer les scènes d'extérieurs l'après midi car Benoît ne pourra pas venir (en répétition dans le nord de la France). La journée s'arrête donc là et on décide de tout reporter au lendemain.
Lundi
Après un énorme malentendu avec mon professeur d'audiovisuel le tournage est encore une fois reporté, au lendemain.
Mardi
Cette fois tout commence a peu près bien.Pauline et Max nous rejoignent. Il manque Romain, et je me charge de le remplacer pour la journée.
Le tournage commence et les plans s'exécutent rapidement. Justine (la petit amie de Benoît) remplace Pauline dans le rôle de la passante (ses cours au conservatoire faisant foi). On s'arrête pour le repas puis on repart l'après midi pour terminer les plans qu'il manque, notamment ceux de la poursuite. Romain Panet arrive d'ailleurs pour jouer le rôle du dealer/vacancier. Mais il manque encore celui qui lui donnera la réplique, l'acteur original s'était défilé quelques jours plus tôt. Un petit coup de fil à Vincent Hourquet, camarade de classe (en 1er année) mais surtout ami et 20 minutes plus tard le voilà parmi nous.
Les plans continuent et il parait même que Bertrand Canta aurait patienté au coin d'une rue pendant une prise pour ne pas nous gêner (un sourire aux lèvres) assez longtemps pour éveiller la curiosité des filles.
Vers 17h on a finit nos plans, l'équipe commence à sourire en pensant que c'est terminé. Mais non, il manque encore 2 plans devant le bar.
A 17h30 c'est plié, rebelote l'équipe commence à sourire en pensant que c'est terminé. Mais non (muahahahaha) perfectionniste que je suis je ne peux m'empêcher de refaire le plan devant la Fnac. Malgré la température de couleur pas franchement super on décide de partir en hâte à la Fnac.
Une heure plus tard on a bouclé le dernier plan. L'équipe se tourne vers moi et cette fois mon sourire leur donne la réponse. Oui, le tournage de Comme, cette extraordinaire aventure est terminé. Alors qu'on remballe le matériel Pauline, Romain Panet , Benoît et Justine partent dans une autre direction, pour juste faire "quelque courses".
Pendant ce temps Nico, Vincent et moi décidons de ramener tout le matériel chez Nico qui enchaînera bientôt avec son tournage. A notre retour chez moi l'équipe est réuni pour fêter la fin du tournage. Un grand soulagement pour moi même si c'était vraiment excitant et au fond, un début d'angoisse quand je pense à la galère que va être le montage ...